Olympus OMD EM1
Depuis quelques jours, j’ai l’occasion de tester le dernier né de la gamme Olympus estampillé mirrorless : l’Olympus OMD EM1.
Pour le moment, je ne compte pas quitter Fuji ni le X-T1 pour une autre marque, mais, pourquoi ne pas simplement essayer cette petite bête dont on dit beaucoup de bien ? Et s’il me plaît, pourquoi ne pas utiliser le meilleur des deux mondes ? Je vais me contenter d’évoquer certaines différences entre le X-T1 et l’OMD EM1 et certains aspects qui me plaisent ou non.
APS-C et Micro 4/3
Je dois avouer que la taille du capteur de l’Olympus OMD EM1 et son nom (micro 4/3) ne sont pas faits pour me rassurer. Le capteur est plus petit que celui du Fujifilm X-T1. Cela va-t-il donc induire une perte de qualité ? C’est ce qu’on peut lire ou entendre régulièrement (surtout venant des fans du FF – Full Frame ou 24 x 36).
Depuis mon passage du Nikon D4 (capteur FF) au Fuji X-T1 (APS-C), je n’ai pas remarqué une perte de qualité dans les images, que du contraire. La seule différence que j’ai remarquée c’est le bokeh un peu moins prononcé à focale équivalente (c’est la physique, on n’y peut rien). Un détail, mais je m’y suis fait. En sera-t-il de même sur un capteur micro 4/3 ?
L’autre question est le bruit numérique (le grain si vous préférez) lors de la montée en hauts ISO. Là encore, à moins d’aimer zoomer à 300 % sur les images, la différence entre le Nikon D4, le Fuji X-T1 et ce petit Olympus est minime. Certes, l’OMD EM1 bruite légèrement plus que le Nikon D4 à ISO équivalent, mais rien de flagrant et surtout les images restent exploitables et relativement propres, même à 6400 ISO. Plutôt une excellente nouvelle.


Ce qui change
Le look (superficiel, mais c’est la première chose qu’on voit) : l’OMD EM1 n’a pas le charme ni le l’aspect vintage qui va si bien aux Fuji (y compris le X-T1). Il ressemble plus à un mini-reflex allégé. Un peu plus banal, mais en apparence seulement.
L’ergonomie : la prise en main est excellente, malgré la petite taille de l’appareil. La poignée tombe parfaitement dans la main. Bravo aux designers ! L’OMD EM1 n’a pas de molette de contrôle (vitesse, ISO, compensation d’exposition) à portée de main comme le Fuji X-T1. Non, il a une molette avant et arrière, comme la plupart des reflex. Une contrôle la vitesse, l’autre l’ouverture. Très rapide et efficace, mais, sans charme.
Seul le bouton ON/OFF me paraît mal positionné. Il n’est pas à portée de doigt comme il l’est sur le X-T1.
Les menus : l’OMD EM1 propose des menus très complets et assez clairs. Ils me semblent tout de même un peu plus fouillis que les menus de Fuji. Néanmoins, ils paraissent plus modernes. Les possibilités de réglages sont immenses (pas infinies). Ici aussi, il est possible, tout comme sur le X-T1 d’attribuer une fonction spécifique à certaines touches. Pratique et efficace.
Le viseur électronique (EVF – Electronic ViewFinder) : le « combat » risque d’être serré dans cette catégorie, car l’OMD EM1 tout comme le X-T1 proposent des EVF de haut niveau et surtout très précis. Je ne vais me vous faire un comparatif des rendus d’images à la milliseconde, mais les deux EVF sont beaux, précis, contiennent toutes les infos nécessaires et sont aussi très rapides (le taux de rafraîchissement ne se voit pas).
Pour un porteur de lunettes, je trouve l’œilleton de l’Olympus plus confortable que celui du Fuji (avis purement personnel). La lumière pénètre moins dans l’œil dû à sa forme différente et légèrement arrondie. Un détail, mais bon…
L’AF (Auto Focus) : les appareils hybrides ou mirrorless sont reconnus pour ne pas être des foudres de guerre du côté Auto Focus. Le X-T1 est de loin le Fuji qui a l’AF le plus performant, mais, en basses lumières, on atteint vite ses limites et il se met assez souvent à patiner dans la choucroute dès que les conditions lumineuses ne sont pas au top. Néanmoins, il existe des solutions pour contourner ce problème.
J’avais donc un a priori quant à l’AF du OMD EM1 et ne m’attendais pas à monts et merveilles. Je me suis lourdement trompé. L’AF est le plus rapide que j’ai vu sur un appareil hybride et peut-être même le plus rapide et précis que j’ai pu voir jusqu’à présent. On s’approche de l’AF des meilleurs reflex qui coûtent un rein. Un bonheur, y compris dans les conditions difficiles. Rapide, précis, efficace !


Les images : Les images Fuji vont être difficiles à détrôner. Les appareils Fuji X, grâce à leur extraordinaire capteur, parviennent à sortir des merveilles, et ce à tout les niveaux (rendu, couleurs, précision). L’Olympus et son petit capteur (4/3) peuvent-ils se battre ? Ma réponse est oui.
Le rendu brut des images est assez différent. Les images issues du X-T1 semblent plus flatteuses à l’œil (JPG et même RAW). Celles de l’OMD EM1 sont plus brutes et, par conséquent, moins flatteuses. Mais un petit coup de baguette magique dans LR et la différence entre l’Olympus et le Fuji devient difficile à voir. Les JPG sont d’excellente qualité sur les deux appareils, mais Fuji garde une longueur d’avance sur ce point. Néanmoins, je trouve intéressant d’avoir deux rendus différents.
Par contre, un point qui me plaît moins est le format de l’image. 4/3 pour Olympus contre 3/2 chez Fuji. L’image Olympus paraît donc presque carrée et non rectangulaire. C’est assez désarmant. Il est toutefois possible de paramétrer l’OMD EM1 afin qu’il prenne les photos au format 3/2, 16/9, etc. Un autre détail auquel il faut s’habituer.
N.B. La qualité d’image dépend du capteur de l’appareil, mais aussi et surtout de l’objectif utilisé. (cf. point suivant).
Les objectifs : Une fois encore, Fuji a frappé fort avec sa gamme d’objectifs XF. Ceux que j’ai pu essayer sont excellents ; avec une légère réserve pour les zooms qui sont un cran en dessous des fixes (18-55 et 55-200). La palme d’or revient au magnifique 56 mm 1.2 : un tueur.
Et du côté d’Olympus ? Surprise !
Olympus a développé une très belle gamme d’objectifs micro 4/3 pour les appareils OMD et PEN. Les objectifs sont classés selon 3 catégories : M. Zuiko, M. Zuiko premium et M. Zuiko pro. Les différences s’expliquent par la qualité optique, le prix et leur grande ouverture (f/1.2, f/2.8 constant pour le zoom 12-40mm, etc.). Autre avantage, les appareils Olympus OMD sont aussi compatibles (sans bague d’adaptation) avec les objectifs Panasonic et Voigtlander.
Pour cette première prise en main, l’OMD EM1 en ma possession est équipé du M. Zuiko Digital 25 mm 1.8 (+/- 500 €). Le taux de conversion micro 4/3 – 24×36 est de deux. Ce 25 mm devient donc un 50mm. Ça tombe bien, j’adore cette focale hyper polyvalente. Lors des prises de vues, le 25 mm s’avère rapide et très efficace. Sa compacité est étonnante. D’ailleurs, le pare-soleil paraît énorme par rapport à l’objectif lui-même. Il me tarde d’essayer les objectifs M. Zuiko Digital 45mm 1.8 (equiv. 90 mm, +/- 300 €) et surtout M. Zuiko Digital 75mm 1.8 (equiv. 150 mm, +/- 850 €).
Bref, la gamme se développe chez Fuji et s’étoffe chez Olympus avec de jolis petits bijoux des deux côtés.
Ce que j’aime
— Sa taille : petit et pourtant l’OMD EM1 tombe parfaitement dans la main.
— Son poids : tout comme le Fuji X-T1, le poids de l’appareil (497 g avec batterie et carte SD) paraît dérisoire. Pratique lorsqu’il est toute la journée entre vos mains.
— Sa discrétion : entièrement vêtu de noir, l’OMD EM1 sait se faire (très) discret. Personne ne vous remarque ni ne vous voit arriver. C’est parfait. De plus, tous les sons (bips et compagnie) peuvent être coupés. L’appareil est donc totalement silencieux.
— Certains détails techniques : syncro flash à 1/320 s (contre 1/180 pour le X-T1), la vitesse de 1/8000s (contre 1/4000s sur le X-T1). Il est donc possible de photographier en plein soleil à pleine ouverture et enfin, mais c’est vraiment un détail : 10 images/sec en rafale.
— La taille des objectifs M. Zuiko : les objectifs que j’ai pu voir sont compacts et très légers.
— Son écran : l’écran de l’OMD EM1 rend bien les couleurs, les menus sont jolis et la typo utilisée aussi. Pour ceux que cela intéresse : l’écran est tactile (on est quand même loin du niveau atteint par Apple sur ce point).
— Son EVF : clair, large, précis et rapide. Celui du X-T1 m’a complètement séduit, tout comme celui-ci.
— Sa qualité d’image : malgré un petit capteur (4/3), la qualité d’image reste excellente, y compris en hauts ISO. Quant aux fichiers RAW, ils sont d’une grande souplesse et permettent de rattraper pas mal d’erreurs lorsque vos photos sont prises dans la précipitation.
— Son autonomie : malgré ce que j’ai pu lire dans différents tests qui reproche souvent à la batterie son manque de vivacité, je dois avouer avoir été assez surpris par l’autonomie de cette dernière, +/- 600 photos. Bon, j’éteins souvent l’appareil afin de la préserver (l’EVF est assez gourmand). C’est une habitude que j’ai prise avec le X-T1. Sinon, pour les fans, il existe une poignée d’alimentation (HLD-7, +/- 230 €) qui contient une seconde batterie (+/- 50 €) et qui permet une meilleure tenue à la verticale.
— Son AF : un guépard sous cocaïne…
Ce que je n’aime pas
— Son prix : 1500 € c’est assez cher pour un appareil de ce type. Vous pouvez trouver le Fuji X-T1 (seul) pour 1200 €. [Maj 02.09.2014] L’OMD EM1 est désormais disponible au prix de 1299 €.
— Son menu : certaines fonctions me semblent un peu difficiles à atteindre rapidement tant le menu est vaste et complet. Puis, j’avoue, j’adore les molettes du X-T1.
— Le bouton ON/OFF : mal placé, non accessible à un doigt. Dommage.
Le mot de la fin
Alors, convaincu ou non ? Meilleur que le Fuji X-T1 ou non ? Difficile de répondre de manière ferme et définitive. J’avoue que l’Olympus OMD EM1 m’a grandement séduit. Excellente prise en main, AF de course, belle qualité d’image, etc. Bien qu’il n’ait pas le même charme que les Fuji, cela reste un bel outil qui pour moi serait un excellent complément au X-T1.
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