Fujifilm X-T1 vs Olympus OMD EM1
[Màj 12.11.2014] Avis aux utilisateurs Fuji ! Dans cet article, je critique un peu le X-T1. Malgré tout “l’amour” que je porte aux appareils Fuji X, je n’ai pas perdu mon sens critique. Alors, avant de vous emporter et de parler pour ne rien dire, lisez et ne détournez pas mes propos sur les forums.
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Je ne compte pas faire un match de boxe entre le Fujifilm X-T1 et l’Olympus OMD EM1. Je ne vais pas casser ou encenser l’une des deux marques. Je ne vais pas non plus conclure en disant que l’un est meilleur que l’autre. Non ! Ces appareils sont excellents, tous les deux. Différents et pourtant si semblables. Je vais simplement me contenter de relater mon expérience avec ces deux appareils.
Pour rappel, je ne suis marié avec aucune marque. J’utilise l’appareil qui convient le mieux à mes besoins du moment. Une petite piqûre de rappel pour ceux qui en douteraient. J’ai utilisé les deux appareils durant plusieurs mois chacun. Et comme je reçois beaucoup de questions au sujet de ces deux « mirrorless », cet article pourra peut-être éclairer certaines lanternes.
Aspect extérieur
Il ne s’agit pas de la partie la plus importante, mais c’est la première chose qu’on voit ; cela me semble donc logique d’en parler. De loin, le Fujifilm X-T1 et l’Olympus OMD EM1 se ressemblent, quelle que soit leur couleur (gris/noir ou entièrement noir). Quand on s’approche, on commence à distinguer quelques différences notables.
Le X-T1 arbore plusieurs roulettes sur sa partie supérieure : ISO, vitesse, compensation d’exposition ; tandis que l’OMD EM1 n’en a qu’une : le choix du programme. Le Fuji X-T1 joue donc la carte « vintage » beaucoup plus que l’EM1 sur ce point. Pour le reste, ils se ressemblent dans la forme et disposent tous les deux d’un écran de la même taille et sont de dimensions identiques (±).
L’Olympus est légèrement plus grand et aussi plus lourd (497 g contre 440 g — carte mémoire et batterie incluses) que le Fuji. Pour le reste, ce ne sont que de petits détails.
La poignée de l’EM1 est un peu plus proéminente que celle du Fuji, qui du coup paraît plus « plat ».
Ergonomie
Le X-T1 a été « pensé à l’ancienne » ; au contraire de L’EM1, qui a été pensé comme un petit « reflex ». Les commandes principales — vitesse et ouverture du diaphragme — sont plus facilement accessibles sur l’Olympus. Votre pouce règle la vitesse et votre index l’ouverture. Sur le X-T1, il faut actionner une des molettes supérieures et régler l’ouverture directement sur l’objectif.
Deux philosophies différentes.
Le Fuji X-T1 vous pousse à prendre votre temps, à affiner vos réglages avant d’appuyer sur le bouton. L’Olympus est plus direct, plus brut, plus « efficace » et donc moins « charmant ».
Bien entendu, il est tout à fait possible d’utiliser le X-T1 lors de reportages où le temps est compté, lorsqu’il faut « saisir l’instant ». Cet appareil m’a appris à prévisualiser mes images à l’avance, à (presque) les deviner. L’action des molettes demandant un peu plus de temps, ces étapes d’anticipation sont importantes et nécessaires. Le X-T1 m’a surtout permis de mieux observer et de scruter les sujets « intéressants ».
Comme je le disais plus haut, la poignée du EM1 est plus proéminente et par conséquent, la préhension est bien meilleure par rapport au X-T1 ; et ce, malgré la relative petite taille de l’appareil.
Les boutons de commandes sont assez bien placés sur les deux appareils. Rien de « farfelu » ni d’absurde. Seul le bouton d’allumage/extinction de l’Olympus ne me semble pas à sa place.
Quant au X-T1, le bouton des flèches multidirectionnelles est trop petit pour un pouce de taille normale. Les boutons ne ressortent pas suffisamment et sont donc difficilement utilisables.
Sur les deux appareils, l’écran est orientable de haut en bas et est suffisamment solide pour une utilisation intense.
Les deux marques proposent une application « smartphone/tablette ». L’accès y est aisé sur les deux. Je trouve l’application Fuji plus simple à utiliser que l’application Olympus. Pour le reste, elles proposent les mêmes options (contrôle à distance, import des photos, etc.)
EVF
Ceux qui cherchent à connaître le taux de rafraîchissement, de l’EVF, en millisecondes, des deux appareils risquent d’être déçus. Votre œil ne remarquera jamais une si petite différence. On parle bien de millisecondes…
Un EVF est un viseur électronique dont sont équipés la plupart des appareils « mirrorless » récents. Il permet de visualiser une photo dans le viseur — qui contient donc un petit écran — avant d’appuyer sur le déclencheur. Très pratique. Les puristes — et il y en a beaucoup — lui préféreront le traditionnel viseur optique, que l’on retrouve sur tous les reflex numériques.
Ce qu’il faut retenir, c’est que Fuji a frappé très fort avec le X-T1. Son EVF — viseur électronique — est précis, rapide et contient les informations nécessaires à la prise de vues. Il est bien sûr configurable selon les besoins. Il est possible de choisir les informations qui seront affichées ou non (nombre de photos prises et restantes, vitesse, ouverture, balance des blancs, horizon virtuel, histogramme, etc.) Il en va de même pour l’EVF de l’EM1, qui est aussi précis et rapide et contient aussi les informations « vitales ».
La seule différence, à mes yeux, est le rendu colorimétrique. Celui du Fuji me semble plus « flatteur » que celui de l’Olympus.
Que ce soit une marque ou l’autre, je dirais « match nul ».






Capteur
L’Olympus OMD EM1 est équipé d\’un capteur “Micro 4/3” (18 x 13,5mm) tandis que le Fujifilm X-T1 utilise un capteur “APS-C” (25,1 x 16,7mm). Les détails techniques s’arrêteront ici.
Certains crient au scandale lorsqu’on leur parle de « petits capteurs », car le « Full Frame » — 24 x 36mm — règne en maître chez les photographes — pros ou pas. J’ai utilisé des appareils « Full Frame » pendant des années (Nikon D4, D800, etc.), ensuite des appareils « APS-C » avec les Fuji X pour enfin en arriver aux appareils à capteur « Micro 4/3 » comme l’Olympus OMD EM1. Cela fait maintenant 11 mois que j’utilise des « petits capteurs ».
Très honnêtement et de façon tout à fait objective, je n’ai vu presque aucune différence entre les « grands » et les « petits » capteurs. À part peut-être un bokeh — flou d’arrière-plan — moins prononcé sur les petits capteurs, je n’ai constaté aucune grosse perte de qualité, quelle qu’elle soit.
N.B. Je ne comparerai pas des appareils de 1000-1500 € avec d’autres de 5000 € ou plus.
Ceux qui doutent, visionnez cette vidéo… ;-)
Qualité d’image
Sur ce terrain, l’Olympus et le Fuji jouent à armes égales. Les deux appareils délivrent des images de haute qualité, en RAW comme en JPG ; même si le X-T1 garde une légère avance en JPG. Il faut avouer qu’ils sont extraordinaires. Je donnerais l’avantage à l’EM1 pour les fichiers RAW qui, selon moi, sont plus modulables et beaucoup plus légers que ceux du Fuji. Les RAW Fuji sont une « plaie » à l’import/export sur Adobe Lightroom et peu importe l’ordinateur utilisé.
La dynamique de l’image est identique sur les deux appareils malgré deux capteurs différents, y compris leur taille.
Les « hauts ISO » me semblent un peu meilleurs sur le X-T1, mais quoi qu’il en soit, le Fuji et l’Olympus peuvent sans problème délivrer des images « utilisables » entre 6400 et 12 800 ISO.
Réactivité
Dans ce domaine, Fuji est à la traîne. Malgré de constantes améliorations au fil des modèles, l’autofocus des Fuji X n’assure pas comme il le devrait lorsque les conditions lumineuses deviennent difficiles. L’AF a parfois tendance à « pédaler dans la choucroute ». Je ne dis pas qu’il est mauvais, loin de là. Celui du X-T1 est le meilleur que Fuji ait mis au point, mais celui de l’Olympus OMD EM1 est loin devant. Il est nettement plus réactif, il accroche les détails — même en contre jour — et est d’une rapidité assez sidérante. On s’approche d’un Nikon D4…
Le temps d’allumage de l’appareil, de sortie de veille et d’intervalle entre deux images est beaucoup plus court sur l’EM1.
L’excellent autofocus de l’EM1 est l’une des raisons majeures qui m’ont poussé à le choisir comme appareil principal ; comme je suis souvent amené à travailler dans de « délicates » conditions lumineuses et que j\’aime pouvoir compter sur mon appareil et son AF.
Fabrication
Globalement, les deux appareils sont de très bonne construction. Ils sont solides et bien finis. Néanmoins, pour certains détails, je trouve l’EM1 mieux fini que le X-T1 ; notamment au niveau des différentes trappes d’accès. Sur le Fuji, la trappe qui cache la carte mémoire est de piètre qualité. Il m’est plusieurs fois arrivé qu’elle s’ouvre avec le seul frottement de la main. Chose qui ne m’est jamais arrivée avec l’Olympus.
Autre petit « couac » sur le X-T1, le plastique de l’œilleton qui tombe sans arrêt. Je l’ai d’ailleurs perdu et retrouvé plusieurs fois, sauf la dernière. Un œilleton de remplacement coûte 20 €.
Ce sont des détails, certes, mais ils peuvent vite devenir ennuyants.
Parc optique
Fujifilm dispose d’une feuille de route pour ses optiques (objectifs photo). On peut donc savoir plus ou moins à l’avance quand arriveront les nouveautés. Toutes (ou presque) les optiques Fujinon que j’ai pu tester étaient excellentes. Tant au niveau de la fabrication que de la qualité d’image avec une mention spéciale pour le « fameux » 56 mm 1.2 R (équiv. 85 mm).
De l’autre côté, Olympus a une sélection d’optiques « micro 4/3 » très étendue. Elles sont classées en trois catégories. Elles ont l’avantage d’être petites, légères, peu coûteuses (sauf exception – vous avez déjà un très bon 45mm 1.8 pour moins de 300 €) et d’excellente qualité. Seul bémol, l’ouverture maximale de f/1.8. Par contre, le système « Micro 4/3 » étant ouvert, il est possible de mettre, par exemple, une optique Micro 4/3 Panasonic sur un appareil Olympus et vice-versa. Ici aussi, mention spéciale au fantastique M. Zuiko 75mm 1.8 d’Olympus et bientôt (j’espère) au Panasonic 42.5mm 1.2.
N.B. Le taux de conversion pour Fuji : x1,5 (ex. 14 mm = 21 mm). Pour Olympus : x2 (ex. 75 mm = 150 mm).
Prix
Voici un exemple de configurations plus ou moins identiques.
OLYMPUS OMD EM1 | FUJIFILM X-T1 |
+ 12mm 2.0 | + 14mm 2.8 |
+ 25mm 1. | + 23mm 1.4 |
+ 45mm 1.8 | + 35mm 1.4 |
+ 75mm 1.8 | + 56mm 1.2 |
+ 40-150mm 2. | + 50-140mm 2.8 |
Total = 5234 € | Total = 5733 € |
Prix du 11.11.2014 via photogalerie.com
On reste donc dans un budget ± équivalent à équipement égal.
Le mot de la fin
Fuji ou Olympus ?
Chaque marque à ses « aficianados ». Fuji a le vent en poupe depuis quelques mois et à raison. La marque fabrique d’excellents — vraiment — appareils, à la qualité d’image hallucinante et au look « j’en mangerais ».
Olympus, après être presque tombée dans l’oubli, est doucement revenue sur le devant de la scène avec la sortie des OMD EM5 et OMD EM1. Deux appareils « mirrorless » redoutablement performants en terme d’image et de réactivité.
Comme je le disais dès le début de cet article, j’ai utilisé ces deux appareils durant plusieurs mois en tant que professionnel. Les deux m’ont et me donnent toujours beaucoup de satisfaction. Le Fujifilm X-T1 et avant lui le Fujifilm X-E2 ont permis de changer le regard que je porte sur la photographie et surtout sur ma façon de la pratiquer. Je réfléchis, j’anticipe, mais surtout, je vais à l’essentiel et j’essaie de prendre la meilleure photo possible directement sur le terrain.
L’Olympus OMD EM1 est devenu mon appareil principal, car il allie le meilleur des deux mondes. Compacité, EVF et poids léger d’un « mirrorless » tout en bénéficiant des qualités — d’image — de ses « grands frères » et surtout d’un autofocus « de course ».
Il s’agit d’un avis et d’un choix purement personnels. Je ne peux pas dire que l’un est meilleur que l’autre. J’ai simplement choisi celui des deux qui répondait le mieux à mes besoins.
N’oublions pas : l’appareil ne fait pas le photographe.